L’info sur mobile sera locale, sociale et… augmentée

Amaury de Buchet*, grand manitou des technologies de l’information, a conseillé Le Monde Interactif, Mondadori, TF1 ou encore Flammarion. En tant que simple journaliste, on sait rarement ce qui se trame dans les hautes sphères, j’ai donc voulu savoir quelle était sa vision des médias du futur (et donc celle de nos big boss). Aucun doute pour lui : l’info passera avant tout par le mobile. Et de me présenter quatre « applis » Iphone qui préfigurent les grandes révolutions à venir…

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1. L’appli Le Monde est ce qui se fait de mieux en ce moment en France en matière de presse sur Iphone.

Ses points forts : navigation aisée, envoi de notifications en « push » sur email en cas d’actu urgente, télé-zapping
Mais aussi ses limites : info sélectionnée, peu d’info locale, pas de géolocalisation, pas de filtre « social »

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Certaines technologies devraient vite être adoptées par les médias de façon à mieux exploiter le potentiel du mobile, estime Amaury de Buchet. Et voici trois applis qui pourraient les inspirer :

2. Dis-moi où (sélection de restaurants)
Points forts : géolocalisation, visualisation des résultats sous forme de liste ou de carte, filtre social (connection via Facebook Connect)

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3. Twitter (microblogging) : l’appli du moment
Points forts : « faire émerger un signal du bruit ambiant« , grâce à une sélection de personnes que l’on décide de suivre, possibilité de trier l’info en constituant des listes.
Poins faibles : info réduite à sa plus simple expression (140 caractères) mais possibilité d’insérer des liens hypertextes.

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4. RobotVision et Metro Paris : deux applis qui exploitent la réalité augmentée
Points forts : la technologie permet de superposer au « monde réel » des informations venant d’internet
Limites : technologie récente et parfois cafouilleuse, comme le prouve cette vidéo…

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Conclusion : l’infos sur mobile sera géolocalisée, sélectionnée grâce à un filtre social (mes amis) et en majorité sous forme de video.

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Et pour finir, Amaury de Buchet nous parle de « Savoir à grande vitesse », une innovation en cours de développement qui permettra d’accéder à du contenu (infos, archives…) en regardant simplement par la fenêtre d’un train en marche à travers un écran…

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Passionnant, mais aussi vertigineux. Car tous ces nouveaux modes de « consommation » risquent bien de changer radicalement notre rapport à l’information elle-même. Se dirige-t-on vers une nouvelle forme d’info-loisir, d’info-jeu, hyper technologique mais forcément légère et ultra-digeste? Une info « fast-food » en quelque sorte…

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* Amaury de Buchet est président d’UlyssCo, cabinet de conseil en management de l’innovation et co-fondateur en 2005 de Faber Novel , société de conseil elle aussi dédiée à l’innovation. Au Medef, il est président d’un comité « management de l’innovation ». Il a aussi été nommé expert de Cap Digital,  le pôle de compétitivité des contenus numériques crée en 2006 avec pour objectif de « faire de Paris et de sa région la référence mondiale du numérique. »

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9 Réponses à cet article

  1. Passionnant. Bravo Tatiana et merci de partager l’expertise d’Amaury de Buchet

  2. Merci, cela va apprendre beaucoup de choses à beaucoup de confréres, à commencer par moi….
    Un meilleure prise de son de votre voix serait idéale .

  3. Gérard, merci de porter le débat sur le plan technique. Mon petit doigt me dit que vous êtes de la radio et j’ai un terrible problème au niveau de la prise de son (malgré un matériel de bonne qualité)… pourrions nous nous mettre en contact, je suis sûre que votre expérience pourrait m’être utile :

  4. Bonjour Tatiana,

    Merci pour cet échange. Voici pour ceux que la vitesse du mode interview vidéo n’aurait pas permis de voir correctement (surtout quand la démo n’a pas fonctionné ;-) des captures d’écran des applis / fonctionnalités présentées :
    http://www.flickr.com/photos/uswim/sets/72157622802484825/
    A bientôt pour plus de nouvelles sur « Savoir à Grande Vitesse » (www.savoiragrandevitesse.fr/), un projet initié et porté par Boris Perchat.
    Cordialement,

    Amaury de Buchet
    amaurydebuchet AT gmail DOT com

  5. On ne sait pas si ces innovations sont bonnes ou mauvaises, on ne sait pas si leurs conséquences seront bonnes ou mauvaises, et on ne songe même pas à se poser la question, mais cela peut se faire, alors cela se fera. Nous sommes esclaves de nos inventions techniques.

  6. d-Broca : Tatiana se pose la question, c’est même sa conclusion. Je partage d’ailleurs ses interrogations. Il me semble personnellement que le web tend à transformer l’information en divertissement. Plus encore que ne l’a fait la télévision. De deux choses l’une. Soit la tendance sera si forte que l’information toute entière deviendra divertissement, soit le web se cantonnera lui-même à l’info fast-food, laissant au papier le soin de traiter l’information sérieuse. N’est-ce pas d’ailleurs la raison pour laquelle Nicolas Beau s’est tourné vers le papier en complément du web ?

  7. @ Aliocha : oui, Tatiana s’interroge sur ce que deviendra l’information, une fois passée à la moulinette de ces nouveaus moyens techniques, « passionnant[s], mais aussi vertigineux ». Mais, au-delà, ne devrions-nous pas aussi nous interroger sur ce que devient la liberté quand on se soumet ainsi à toute nouvelle technique parce que toute nouvelle technique est bonne à prendre ?
    Je crois qu’entre le regret du bon vieux temps et l’attrait de la nouveauté à tout prix, entre les Amish et l’homme bionique, il y a un passage même si la porte est étroite. Et que ce passage s’appelle aussi civilisation.

  8. signal booster nz d-Broca : nous sommes d’accord. Mais j’observe personnellement un léger infléchissement dans le discours sur les nouvelles technologies et l’avenir radieux de l’information depuis que les journalistes se mettent – enfin ! – à réfléchir sur le sujet. Jusqu’à récemment, la réflexion était trustée par quelques spécialistes auto-propulsés des médias relayant les théories démentes d’une poignée de blogueurs américains sur la mort des médias traditionnels, la fin du journalisme professionnel et l’émergence du journalisme citoyen. Ce discours indigeste, étranger à l’éthique, à la réalité du métier et à sa raison d’être, autant qu’au bons sens et plus encore à ce que vous appelez la civilisation, est en train de commencer à être nuancé. C’est heureux.

  9. @aliocha : il y a certes des gens, particulièrement des journalistes, qui réfléchissent et s’alarment. C’est manquer complètement de lucidité que de penser qu’on est le seul à être lucide. Le fait est cependant que cela n’a qu’assez peu d’incidence sur le cours des choses. La technique gagne à tout coup, et depuis belle lurette. Quel point d’appui spirituel, transcendant, nous permettra d’arrêter sa course folle ?

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