Google vs presse française : le clash a bien eu lieu

Le match s’est déroulé vendredi matin dans une minuscule salle obscure, au sous-sol de l’Espace Cardin à Paris. Visiblement ébranlé, Carlo d’Asaro Biondo, représentant de Google en Europe de l’Est et du Sud, a répondu aux attaques croisées de Nathalie Collin, présidente du directoire de Libération, et de Philippe Jannet, PDG du Monde Interactif. « Ca ressemble à un procès » a lâché un moment l’accusé, dans un accès de grande fatigue. Si ce n’était Mister Google, on aurait presque compati…

Round 1

Nathalie Collin amorce le débat sur le développement des outils mobiles de diffusion de la presse. Enthousiaste, Carlo d’Asaro se lance dans un éloge du Kindle:

« Lorsque je suis aux Etats-Unis, j‘achète les Echos du jour à 1,75 euro sur le Kindle, ce qui est un bon prix que je paie volontiers. » Il se fait immédiatement taper sur les doigts : « Il reste 30% pour Les Echos » rétorque Philippe Jannet, assis dans la salle au deuxième rang. « Dans les contrats de Kindle il ne reste que 30% à l’éditeur de contenu » , précise Nathalie Collin.

Défense d’Asaro: « Bon, alors c’est que le contrat de Kindle n’est pas bon… » Eclat de rire de la salle. Ca commençait mal…

(4:50)

On sait donc désormais que 80% du chiffre d’affaires de Google sont réalisés avec des entreprises de services (voyages, finance, distribution) et que la presse ne génère quant à elle que 1,5% à 3% de ce chiffre, selon les pays (3% à 5% des recherches sur le moteur). Ce qui n’est pas des plus réjouissant.

Round 2

Philippe Jannet, impatient, s’empare ensuite de la parole : « Comment expliquez-vous que l’Irep (Institut de recherches et d’Etudes publicitaires) estime entre 800 et 900 millions d’euros le chiffre d’affaires de Google en France sur la publicité, alors que la déclaration de Google France n’est que de 40 millions? Où sont passés les 760 millions? » D’Asaro botte en touche et aggrave son cas : « Google est une entreprise cotée aux USA, je n’ai pas le droit de vous parler des chiffres de Google en France. »

Jannet ne lâche pas : « Vous dites que vous avez changé la dimension du gâteau publicitaire mais Google prend quand même de 40 à 70% du gâteau. »

D’Asaro s’embarque dans une longue justification – où l’on apprend quand même que Google distribue chaque année 6 milliards de dollars à ses fournisseurs de contenus pour un chiffre d’affaires mondial de 21 milliards.

Peu convaincant et embrouillé, il finit par conclure par un : « Il ne suffit pas de taper sur Google pour changer le comportement des usagers » (qui ne refroidit nullement ses deux interlocuteurs)…

(5:11)



Round 3

« Le net ce n’est pas que des outils, c’est aussi des cerveaux, embraye Nathalie Collin. Quand vous utilisez nos contenus, ça a de la valeur. Je pense que la valeur intellectuelle aura toujours plus de valeur que le plus beau moteur de recherche du monde. »

Là, on met le doigt sur une plaie ouverte : « Google fournit du trafic, ce qui en soi à une énorme valeur (..) si notre trafic ne vous intéresse pas, vous n’avez qu’à ne pas y être. » Et toc !

(4:52)



Round 4

Philippe Jannet reprend un jeton pour jouer. Il dévoile au public ahuri le « deal » que propose aujourd’hui Google aux éditeurs de presse : enregistrer les traces et les profils des lecteurs pour ensuite réutiliser ces fichiers (dingue, non?).  « Je ne suis pas prêt à vous aider demain à vendre moins cher sur d’autres sites aux gens qui sont passés chez moi la publicité que moi je pourrai leur vendre » , s’insurge le PDG du Monde Interactif.

Au passage, Philippe Jannet accuse carrément la société Google d’organiser une « évasion fiscale » de grande envergure: « Si vous payiez des impôts sur les résultats réels de Google en France, vous ne pourriez pas pratiquer les mêmes tarifs publicitaires que ceux que vous pratiquez actuellement sur les Adwords. »

Cloué, d’Asaro a du mal à se remettre de cette attaque frontale : « Nous avons été contrôlés dans plusieurs pays. S’arroger en juge d’un système, ça c’est de l’arrogance. » Et ça, c’est du débat !

(3:51)



Round 5

Mais d’Asaro a lu jusqu’au bout le petit manuel du top manager qui garde son sang froid en toutes circonstances. Hors de question de se laisser entraîner sur le terrain glissant de la polémique. Vous êtes attaqué? Donnez raison à votre interlocuteur : « Nous sommes prêts à accepter que beaucoup de choses faites jusque là ne soient pas parfaites (…) Nous n’avons pas l’arrogance de penser que tout ce que nous faisons est juste (…) Google est de bonne foi par rapport à son mantra. »

Il ajoute même : « Oui je suis pêcheur, en tant que catholique, mais j’essaie de me corriger. » Priez pour la presse, Seigneur !

(5:46)

Et voici, en exclu du Dodo, l’interview à chaud de Nathalie Collin, encore toute secouée par ce « discours formaté » …

(1:57)

… et de Philippe Jannet, encore tout énervé de constater qu’encore une fois « Google ne nous écoute pas » …

(2:37)

Je vous laisse le soin de compter les points et de déclarer le vainqueur du match… Attention il y a un piège (les gagnants ne sont pas toujours ceux que l’on croit).

Cette conférence était organisée dans le cadre des Ateliers de la Presse par la Fédération nationale de la presse française.

  • Facebook
  • Twitter
  • del.icio.us
  • Digg

58 Réponses à cet article

  1. Bravo, Tatiana !

    Beau Travail d’ensemble et idée sympa que la tienne !

    Je t’en prie, prends ce qui suit comme quelques idées sans suite d’un ordinaire lecteur moyen de la presse d’information quotidienne, juste devenu un peu allergique à la logique magazine dominante et carrément révulsé et stupéfait par ce qu’on veut appeler presse « people ».

    Le (la) journaliste de presse écrite comme espèce menacée … ou comme espèce en mutation … sûr que la question se pose. Ta façon de mettre les pieds dans le plat est réjouissante. Les manitous d’internet (new press comme serveurs gourmands comme Google) sont loin de l’innocence de leurs usagers comme cette dernière est éloignée du cynisme des annonceurs nourriciers.

    Beau compte-rendu de la rencontre médias français-d’Asaro pour Google : où l’on mesure la dérive du sens du mot « VALEUR » dans le même sens que celui sur lequel joue un annonceur célèbre de cosmétiques depuis pas mal de temps déjà.

    Donc, « si nous le valons bien », peut-être pourrons-nous conserver une presse digne de ce nom, c’est dire capable de dépasser le niveau de vulgaire éxécutant du donneur d’ordres.
    Et si en effet on se posait vraiment la question des conditions d’existence d’une presse pas trop dépendante des puissances politiques ou des puissances d’argent ?
    Qui d’entre nous aujourd’hui ne surfe sur la toile pour tenter de recouper un peu l’info ? Qui va se contenter d’un seul quotidien ou d’une seule radio ? d’une seule chaîne de télé ? Qui parmi nous persiste à acheter un journal ?

    Cela lancé un peu à la va-vite, je tiens à te redire tout le bien que je pense de
    ta création. BRAVO, Tatiana, CONTINUE ! Et MERCI .

  2. C’est fou la mauvaise foi qui peut régner dans ce genre de réunion. Ça vaut pour les deux côtés, mais Philippe Jannet est vraiment le maître absolu en la matière.
    Oui, quand-vous vous engagez avec Google pour acheter des mots-clés sur AdWords, c’est bien avec Google Irlande que vous signez, pas Google France, c’est marqué noir sur blanc dans le contrat : http://www.google.com/intl/fr_fr/adwords/select/TCFrance2009-10.html Google France gagne de l’argent autrement…
    Pour le profilage des visiteurs, n’importe quelle régie publicitaire fait exactement la même chose.
    Et P. Jannet d’ajouter à la fin « Google ne nous écoute pas » alors que c’est lui qui a monopolisé le débat, c’est tout de même gonflé !

  3. Compliments et merci.
    Voilà un document éclairant sur la nécessité de protéger la Presse (pas seulement française) de la phagocytose de Google.
    Il en va de notre survie.

    Jean MIOT

  4. [...] This post was Twitted by jeffmignon [...]

  5. Très bel article accompagné de ses sources, comme je les aime et aimerais en consulter plus souvent ;)

    Cela m’a d’ailleurs permis de découvrir le point d’orgue de l’argumentaire de M. d’Asaro que vous avez omis de citer — ce que je ne vous reproche nullement puisque la vidéo me permet de le faire:

    « Il y a une différence entre l’Internet et le offline (dans) la façon dont on peut le vendre. Il faut utiliser des outils qui sont des technologies. (…) Le monde le la presse ne se penche pas assez sur les technologies qui permettent d’un côté de connaitre son usager et de valorise ses propres inventaires. Ces technologies existent, elles sont mises à disposition par Google et par d’autres et la collaboration sera de plus en plus forte (…) »

    Nous venons tout juste d’avoir une illustration ÉNORME de cette vérité avec Google Living Stories que je vous laisse (re)découvrir dans cet excellent billet de Paul Bradshaw: http://bit.ly/7NPCWt

    J’y lis cette promesse qui confirme l’orientation esquissée par Carlo d’Asaro: « Josh Cohen, business product manager for Google News, said that if it worked well, Google would make the software available free to publishers to embed in their sites, much as those publishers can now use Google Maps and YouTube functions on their sites. »

    Et toc ! Mmes et MM. les dinosaures angoissés du 2ème millénaire. Bien sûr, vous allez dire que ce n’est pas sérieux, que Google ne peut pas tout contrôler. Normal puisque vous avez encore les réflexes suspicieux du siècle de l’Holocauste, du Stalinisme et de la Guerre Froide. Je pense toutefois que nous entrons dans une ère nouvelle où l’ennemi n’est plus l’autre, mais nous-même, la race aveugle des homo sapiens sapiens. Une ère de transformation massive où la production devra être rationalisée, les ressources mises en commun et épargnées, les profits ramenés à tes taux raisonnables et la transparence érigée en loi universelle sous peine que personne n’en réchappe.

    Pratiquement tout ce que fabrique Google (sauf le coeur de ses algorithmes) est offert gratuitement et publié en code source libre et ouvert, vérifiable et réutilisable par tous. 1) Pouvez-vous en dire autant? 2) Comment espérez-vous empêcher l’inéluctable?

    Mon conseil : prenez six mois de vacances, voyagez, explorez, ressourcez vous. Puis revenez aux commandes. Vous aurez peut-être un oeil neuf et la volonté de vous asseoir à la table d’une négociation innovante, de collaborer avec Google *et d’autres* afin de rebâtir votre industrie sur des bases totalement nouvelles.

    Ami Calmant,

    C.A.

  6. La presse française est morte ou presque. Tant mieux, elle est toute acquise à Sarkozy. Regardez à qui appartiennent les journaux et magazines, entre les mains de quels groupes financiers. Alors on peut comprendre que Google devienne un danger, pour eux.

  7. @Christian Aubry : vous êtes un spécialiste de la communication, nous parlons ici de journalisme. Vous savez, cette activité consistant à délivrer de l’information à un public en respectant un certain nombre de règles dont l’exactitude des faits rapportés ou encore l’indépendance ? Cette activité là ne se vend pas comme on installe un système informatique chez un client puisque je vois que c’est votre job. Par ailleurs, figurez-vous qu’il y a des professionnels qui n’ont pas encore décidé de faire allégeance à un acteur en position monopolistique qui écrase tout sur son passage. Je trouve ça plutôt sain. Et je suis sûre en outre que l’avenir leur donnera raison.

  8. Je copie/colle un commentaire trouvé sur le blog de Claude Soula qui mérite réflexion.

    Source: http://claude-soula.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/12/04/les-mechants-sont-parmi-nous-google-est-il-dangereux-guillon.html

    Le commentaire :

    Le problème c’est pas tant Google. C’est surtout le fait qu’il n’y a aucuns crédits, aucune méthode intelligente pour proposer des alternatives!

    Pourquoi la presse française, via ses syndicats, ne propose pas son propre agrégateur d’actualité et ne monétise pas elle même son audience ?

    Réponse : parce qu’elle n’a pas envie de le faire ! Créer un agrégateur de flux n’est pourtant pas la panacée. En faire la promo quand on est un média, encore moins.

    A ce moment la, si un tel projet venait à voir le jour, alors Google perdrait du trafic et les choses pourraient enfin se rééquilibrer justement.

    Je le répète, le trafic gratuit, peu importe d’où il vient. La vraie question c’est de savoir si nous trouvons nous normal qu’une société américaine possède 90% du marché de la recherche en ligne un peu partout en Europe ?!

    Exalead, Ask, Yahoo… nous avons peut être cloué trop tôt un certain nombre d’initiatives qui méritaient pourtant d’être utilisé.

    Google n’est pas un bon moteur. Essayez de chercher une info objective sur un produit ou un service : les résultats sont trustés par des sites d’e-commerce, des pseudos comparateurs… impossible de trouver la moindre info de qualité.

    En revanche, il existe de nombreux sites indépendants qui agrègent les avis, les tests de produits/services,… ceux la, on ne les trouve que rarement chez Google.

    Pourquoi ? parce qu’envoyer du trafic « gratuit » chez les gens qui ont des sous (les sites d’e-commerce) est plus rémunérateur que d’envoyer du trafic « gratuit » chez des gens qui n’achèteront que très peu de publicités.

    La pub justement. Google ce serait 40 millions de revenus en France.

    Faux selon l’IREP qui donne le chiffre hallucinant de 800 millions d’euros de revenus pub générés par Google en France : http://www.observatoiredesmedias.com/2009/12/04/video-google-et-les-editeurs-de-presse-des-relations-loin-detre-sereines/

    Cette société est un danger pour notre société, pour le web. Elle a transformé la société de la valeur, de la qualité, en une société du tout gratuit avec un modèle économique qui finalement, la met en position dominante et oblige tous les autres à s’y soumettre.

    Si les médias osaient, ils devraient très vite repenser à tout cela en profondeur. Le législateur français et européen devrait aussi se pencher sur cette société et commencer à lui imposer des règles.

    Si Google disparaissait, le web aussi. Au contraire, si Google disparaissait, on pourrait enfin avoir un web plus neutre, plus ouvert et une vraie économie….

  9. Bonjour,

    Amusant ce débat et surtout la prise de position de l’auteur de cet article !

    Ah les méchants Google ! Ah les méchants internautes qui téléchargent et brisent l’industrie musicale! Ah le droit à l’oubli car des personnes ne pensent pas que ce qui est public peut être dommageable pour leur image…

    Vite, vite stoppons la liberté du web! Hadopi, etc, nous voila!

    La propriété intellectuelle est nécessaire, mais si personne ne vous lis ?! ça sert à quoi ?!

    Bref, ne demandons surtout pas aux journalistes de faire évoluer leurs usages! non, non, confortons les dans l’idée que jamais ils n’évolueront car ce n’est pas les millions d’internautes et leurs nouveaux modes de consommation de l’information que l’on doit suivre, c’est les quelques centaines de patrons de presse qui ne savent pas s’adapter!
    Bizarre aussi, qu’un journal papier comme le Canard Enchaîné continue à faire des émules et des bénéfices, là où les autres coulent! Peut-être est-ce parce que le contenu qu’il relaye et l’expertise qu’ils développent est au niveau de n’importe quel bloggeur ?! hummm ?!

    Bref, regardons leur bateau couler, et espérons qu’ils apprendrons à nager d’ici là!

  10. Vieux médias à l’agonie… quand le net est arrivé, les rédactions crachaient dessus, conspuaient ce nouveau canal de distribution, et ont obligé les directions de l’époque à embaucher des rédac web… donc dupliquer les coûts… C’est a ce moment la que la bataille a été perdue par les vieux médias, qui aujourd’hui comme les majors du disque et du ciné se font tailler des croupières par les « pures players »… Et maintenant ? Tous trouvent comme seule raison a leurs malheurs, google et les autres… Trop facile !

    Maintenant que tout le monde a compris que le net n’est pas un « machin » mais leur avenir, on tape sur les « pures players » qui eux ont investi massivement dans le net. La prime au premier entrant vous connaissez ? Et bien c’est google et les autres qui l’ont gagnée…
    Mais les vieux médias, qui n’ont pas fait le moindre effort ni pour se projeter dans l’avenir, ni pour y réfléchir, on pris un retard considérable… voulant maintenant taxer ceux qui ont investi…
    Un peu facile… et surtout pas constructif…

    D’autant que l’apport de trafic de google et autre n’est pas négligeable pour eux, mais ils n’en parlent pas… Mais qui osera, chez ces vieux médias, mettre un robot.txt interdisant a google d’indexer leur contenu ?

    Au lieu de cela, nos grands groupes de presse, achètent de la fausse audience via des pop under, voir via des solus encore pire et bidon pour faire gonfler leur audience… WTF ?!?

    Faire la différence pour gagner et garder des lecteurs, c’est la seule voie… Quoi de plus sur les sites des médias que sur les sites d’agrégation de contenu ? Pas grand chose, voir rien…
    Quelle démarche de fidélisation ? Aucune !

    S’abonner pour acheter des contenus, c’est bien encore faut que ces contenus vaillent le coup…

    Alors au lieu de se plaindre et de cherche le bouc émissaire auprès des moteurs, bougez vous le cul… adaptez vous…

  11. @Kam, très intéressant cette réaction, mais je trouve votre démonstration un peu décousue. Vous plaidez pour la liberté totale des contenus ou pour un semblant de maintien de la propriété intellectuelle? C’est pas clair…

    Quand à Hadopi, vous me faite bien rigoler, car si une loi a bien enfoncé les journalistes (je ne parle pas des patrons de presse qui ont sans doute inspiré l’article en question), c’est bien celle-là, en créant la notion de « journaliste multimédia » : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/medias/presse/20090922.OBS2093/hadopi__lavenir_des_journalistes_menace_.html

    Alors oui bien sûr, je suis anti-hadopi. Mais cela ne m’empêche pas de me préoccuper du droit d’auteur, si cela ne vous embête pas. Mon avenir de dodo est en jeu. Une presse sans journalistes (sur le net ou sur papier) ça s’appelle comment selon vous ? De la pub.

    Croyez-vous que le Canard me contredirait ? Pas sûr.

  12. @Tof : tout à fait d’accord sur le manque de clairvoyance des vieux médias. Ils le paient cash aujourd’hui et un peu tard. En revanche, je crois que se faire « tailler des croupières par les pure players » est un peu fort… Vous pensez à qui en parlant de pure players? Rue89, Lepost ou Mediapart, tous déficitaires? Je vous rappelle que le site d’info le plus fréquenté (et en équilibre financier) est celui du Figaro.fr. C’est pas moi qui l’invente…

    Croyez-vous sincèrement que l’important dans cette histoire soit de savoir qui à commencé et qui a mis trop de temps à comprendre? Les faits sont là : à ce jour, plus personne ne gagne de l’argent en produisant de l’info. Que l’on soit sur le net ou sur le papier ne change plus rien à l’affaire. C’est le journalisme qui est en péril, et aussi ce qui reste de liberté d’expression, déjà bien malmenée dans ce pays.

    Alors oui, il faut se bouger (et tout le monde se bouge en ce moment, croyez-moi). Et si vous avez des idées pour sauver le journalisme, n’hésitez pas… je vous interviewe quand vous voulez ;-)

  13. @aliocha Merci de votre condescendance, chère journaliste anonyme — pardonnez-moi de dire ça car, si vous êtes probablement célèbre dans votre quartier, je ne trouve pas trace d’une identité précise dans votre blogue, pauvre villageois global que je suis. Je ne vous félicite pas pour votre transparence et votre imputabilité.

    Oui, je suis un travailleur de la communication depuis le début des années 80, incluant un passage de trois ans dans la presse magazine française (carte de presse n°56-594), quelques piges à Libération, et 2 ans de rédaction en chef d’un « pure player » de 1997 à 1999. Je respecte les journalistes compétents, mais je ne les crois pas plus infaillibles que les juges, les politiciens ou moi-même. De toute façon, là n’est pas le problème.

    Tout le monde est libre de faire ou ne pas faire « allégeance » à Google, comme vous dites. Mais ce terme même témoigne d’une mentalité féodale que je ne cultive pas. Ce qu’exprime Carlo d’Asarro en filigrane, me semble-t-il, c’est un peu ce qu’Obama disait aux Américains l’an dernier: « The world has changed and we must change with it ».

    Face aux défis planétaires qui nous attendent, nous ne devrions plus penser « indépendance », mais « interdépendance », ce qui est d’ailleurs vrai pour les médias depuis toujours. Comment auraient-ils traversé toutes ces années sans communiqués de presse, sans témoignages d’experts corporatifs, sans sujets économiques, sans annonceurs et sans lecteurs?

    L’indépendance des médias est, globalement, une fiction, comme l’est celle de la pureté des prêtres ou de l’obéissance des soldats. L’exigence de responsabilité, d’éthique et d’imputabilité, en revanche, est à mon avis un objectif universel au XXIe siècle et nous devrions l’exiger autant des journalistes que des communicateurs d’entreprise ou d’ONG, des politiques, des prêtres et des soldats. Quant au reste, eh bien j’ai dit plus haut ce que j’avais à dire donc je ne le répèterai pas ;)

  14. @Tatiana REF: « si une loi a bien enfoncé les journalistes, c’est bien celle-là, en créant la notion de « journaliste multimédia » : http://sn.im/tmib3 »

    En lisant cet article, je perçois le rejet et la peur exprimé par votre profession devant la cession des droits d’auteurs sur tous les supports. Comme si, une fois votre papier écrit et rémunéré, vous alliez capitaliser dessus à chaque réédition.

    Dans un système capitaliste, vous pouvez tout à fait réaliser cela. En ce cas, montez votre entreprise et commercialisez vous-même vos textes selon la licence qui vous siéra. Bon courage et bonne chance.

    Si, toutefois, vous préférez vous concentrer sur votre travail de spécialiste de l’information, réunissez vos sources et tirez-en autant de textes, de documents audio, vidéo ou autre que vous pourrez. Percevez pour cela une rémunération équitable qui vous permette de vivre décemment, comme n’importe quel travailleur.

    Et cessez de brandir ce terme de « propriété intellectuelle » qui ne vous va pas très bien pour une raison bien simple. La matière que vous exploitez ne vous appartient pas. Il s’agit d’information recueillies auprès d’une foule de sources qui, à en croire votre logique, devraient vous réclamer des droits. Si vous rémunériez tous vos informateurs et témoins, alors là, oui, je comprendrais, mais ce n’est évidemment pas le cas. Quant à votre travail de présentation et de synthèse, il n’est pas fondamentalement différent de celui d’un boulanger industriel qui transforme la farine en pain. Perçoit-il pour autant des royalties au supermarché?

    Ce qui vous inquiète, je pense, ce moins ce principe erroné de « propriété intellectuelle » que la difficulté à vivre décemment de votre métier. Or, des dizaines de métier font actuellement face à ce problème.

    Le monde que nous avons connu est en train de basculer vers l’inconnu, soit. Croyez-vous que vous allez empêcher cela par des luttes conservatrices ou préférez-vous contribuer à inventer de nouveaux modèles qui vous permettent de tirer votre épingle du jeu sans renoncer à l’essentiel, qui est (1) de survivre (2) d’informer ?

    En passant, je vous félicite à nouveau pour ce reportage accompagné de ses sources vidéo. Si les organes de presse — euh, non, disons d’information — généralisaient cette façon de faire et cherchaient à en tirer profit, je pense qu’ils y gagneraient de l’audience, des recettes et qu’ils seraient moins en conflit avec Google…

  15. Trop facile de considérer que les sites de presse seraient gérés par des dinosaures, trop naïf de croire que Google est un modèle d’idéal et de béatitude… Google est une entreprise, comme les autres, et à ce titre, ne devrait pas pouvoir décider seule de son niveau d’imposition. En facturant 800 millions d’€ en Irlande plutôt qu’en France, Google la bienveillante, la gentille, l’anarchiste, la moderne évite de payer près de 250 Md’€ d’impôts sur les sociétés, un peu comme d’autres planquent leurs économies en Suisse… Je ne dis rien d’autre… Google est une formidable entreprise, innovante, créative, assurément trop invasive,… mais Google ne peut pas s’arroger un certificat d’angélisme et avoir des pratiques financières aussi peu éthiques… Réfléchissez aux impôts que vous payez, vous, et mesurez le nombre d’années d’impôts qu’il vous faudra payer pour financer la marge annuelle de Google en France…
    Dinosaurement votre ;o)

  16. @christian aubry : Vous traitez les journalistes de dinosaures, vous invitez l’auteur de ce blog à prendre des vacances pour y voir plus clair et c’est moi qui suis taxée de condescendance ? C’est comique. Je ne vois rien de condescendant à remettre les choses à leur place. Vous faites de la com’, fort bien. Nous parlons ici de journalisme. Je sais que beaucoup s’emploient à gommer la frontière – et pour cause ! – mais précisément je m’y oppose. Vous savez pourquoi ? Parce que les conseils des communiquants sont toujours les mêmes : allons les vieux journalistes, mettez vous aux nouveaux outils, faites du moderne, de l’attractif et tout ira bien. Fumisterie. La technologie est un outil qu’il faut impérativement maitriser, mais ce n’est qu’un outil, pas le coeur du métier. Et ce n’est pas avec des joujoux qu’on rentabilisera la presse. Ce n’est pas en se roulant aux pieds de Google on d’un autre qu’on dessinera notre avenir, ce n’est pas en ficelant entre les mains d’un acteur en position de monopole qu’on exercera notre activité comme il se doit. C’est tout simplement le contraire de l’esprit de la presse, de son indépendance, de sa liberté et de son rôle critique. C’est pour ça qu’elle résiste et elle a raison de le faire.
    Je parle d’allégeance et vous trouvez cela moyenâgeux, mais n’est-ce pas moyenâgeux de refuser tout débat sur la pertinence du comportement d’un acteur simplement parce qu’il est moderne ? Au mieux cela dénote une appétence contestable pour le sens du vent. C’est si facile d’être du côté du plus fort.
    Quant à mon anonymat, il correspond à une coutume sur les blogs. Il faudrait être très ignorant ou très naïf pour y voir une quelconque déresponsabilisation, tant un masque peut facilement tomber là comme ailleurs.

  17. Un point de vue supplémentaire signé Jeff Jarvis que vous allez adorer. Extrait :

    There are so many new forms of journalism emerging. Data is (are) journalism. Platforms that enable communities to share what they know and need to know are becoming journalism. Algorithms that aggregate and cluster and prioritize news are journalism. Collaboration and crowdsourcing yield journalism that doesn’t necessary end up in story form. Journalism can be a stream. Journalism can be a snapshot of current knowledge. Journalism is a process. But stories are products.

    By taking the role of the storyteller, journalists claim a position at the center of the story. They also claim possession: It’s my story to tell. I’ll decide what the story is. I’ll tell it my way. The storyteller is in control. Storytelling remains essentially one-way.

    Si vous pensez que ces considérations sont hors sujet, vous vous trompez. Elles sont au cœur du malentendu qui oppose les professionnels de la presse française à Google, entre autres. Bonne soirée.

  18. [...] Qui a encore besoin des médias traditionnels ? 09/12/2009 Stan Commenter Allez aux commentaires Après l’annonce de Mr Murdoch de faire passer l’ensemble de ses sites sur un modèle payant, puis celle de (peut être) demander la désindexation de son contenu de Google News, la question se repose à nouveau chez certains médias français de faire aussi «  marche arrière « , arguant d’une part le fait qu’ils n’auraient en fait jamais du rendre leur site payant au départ, et d’autre part en dénonçant autant qu’ils le peuvent le grand méchant Google… [...]

  19. @aliocha Calmez-vous, chère consœur communicatrice professionnelle œuvrant dans l’industrie de l’information. Je ne vous veux pas de mal, je dialogue avec vous.

    > Vous traitez les journalistes de dinosaures

    Pas tous. Les plus jeunes, soit par l’âge soit par l’esprit, ceux qu’un système lancé depuis des décennies à 200 km/h n’a pas privé de leur vision périphérique sont en pleine évolution darwinienne. J’en connais plein et vous aussi, probablement. Tatiana, ici présente, en est probablement un bon spécimen et je crois intuitivement cela pour deux raisons: (1) la forme de son reportage ci-dessus, imbriquant la synthèse écrite et la source audiovisuelle qui favorise la multiplicité des points de vue, le remixage et la conversation; si j’étais patron de presse, je l’engagerais tout de suite. (2) Sa transparence et son imputabilité puisque, contrairement à vous, Aliocha, elle ne semble avoir rien à cacher, pas de trésor à protéger, et qu’elle affiche son identité clairement.

    > Quant à mon anonymat, il correspond à une coutume sur les blogs.

    Sur les blogues de certains européens à la mentalité d’écrivains assiégée marquée par le totalitarisme des siècles passés, peut-être, mais pas au Canada et aux USA, pays des grands espaces et d’une autre conception de la liberté où les blogueurs prêchent plutôt pour la transparence, le branding personnel et l’imputabilité.

    Je trouve pour le moins étonnant que, d’un côté, on puisse traiter les blogueurs (ou les communicateurs) de désinformateurs irresponsables et que, de l’autre, on se cache soi-même, le grand Gardien de la Vérité Indépendante Suprême, sous un pseudonyme pour dire ce que l’on pense vraiment. Je ressens là deux poids, deux mesures et une petite tendance schizophrène.

    La vérité à laquelle je crois, chère Madame, c’est que vous (et les pairs qui abondent dans votre sens) défendez bec et ongles un pouvoir économique et social dont vous jouissiez jusqu’alors et qui vous échappe. Vous aimeriez que le monde — à tout le moins votre monde — ne change pas. Je vous pardonne, croyez-le, mais j’ai le regret de vous dire que, selon mon point de vue, c’est totalement impossible.

    L’information n’appartient pas à la « presse », une invention datant de Gutemberg. Il s’agit d’une ressource naturelle au même titre que l’air ou l’eau et je préfère la voir abondante et accessible que rare et contrôlée par une seule caste. Le monde dans lequel nous vivrons désormais élimine peu à peu les intermédiaires et le « journaliste », malgré ses prétentions, n’est souvent guère plus que cela.

    Ceci dit, je crois à l’avenir des professionnels de l’information, pour autant que ceux-ci évoluent en bonne intelligence avec le monde qui les entoure. Et je vous concède tous les droits, y compris celui d’aller où bon vous semble en enfonçant la pédale de frein.

  20. PS @aliocha : Ce n’est pas à Tatiana que je conseillais de prendre des vacances, mais aux dirigeants de journaux offusqués dont j’ai découvert les œillères en regardant ses vidéos.

    Heureusement, en passant, que j’ai eu accès à ces sources ouvertes, sinon je m’en serais probablement remis à leurs analyses médiatiques dont vous me ferez le plaisir d’admettre qu’elles seront forcément biaisées. Transparence et accès aux maximum de sources de première main possible — voilà qui garantirait une bien plus saine information du public que le vieux monopole d’une caste de techniciens tertiaires se considérant parfois comme les chevaliers du Pupitre Rond.

  21. Oulah, mais Christian je vous trouve bien plus remonté encore qu’Aliocha! Que vous ont donc fait les journalistes, que vous ont-ils pris de si précieux pour mériter cela ? C’est un peu tirer sur l’ambulance, un peu facile, et un peu « dans l’air du temps », reconnaissez-le…

    Alors comme ça nous défendons bec et ongles « un pouvoir économique et social dont nous jouissions jusqu’alors et qui nous échappe »?…
    Hum… N’abusez-vous pas un peu des films hollywoodiens?
    Mais de quel pouvoir parlez-vous ?
    En matière d’économie, venant de la presse financière, je peux vous dire que vous vous trompez : donnez-moi le montant de votre salaire dans la com’ et je vous prouverai dans la minute qu’il est au moins deux fois supérieur à la moyenne de celui que je gagne (ainsi que mes anciens collègues) depuis 10 ans.
    Social ? Vous pensez sans doute aux présentateurs du JT ou aux « embedded » qui accompagnent le prèz à l’étranger? Sinon franchement, à part quelques grosses têtes (ça arrive partout), la plupart de ceux que je fréquente n’en tirent aucune gloire personnelle.
    Allez donc vous coucher devant les Hommes du Président et reparlons-en à l’occasion à déjeuner ?
    tkalouguine@gmail.com

  22. Message bien reçu, Tatiana. Les journalistes ne m’ont rien fait de mal, au contraire. Je suis moi-même issu d’une longue lignée de journalistes — mon grand-père, mon père et mes trois oncles, dont un toujours en poste à la Dépêche de Tahiti.

    Ceci dit, je vais vous répondre en privé puisque vous m’y invitez. Je ne souhaite pas monopoliser l’essentiel de cette conversation à laquelle j’invite plus de lecteurs et de sensibilités à se joindre. ;)

  23. @christian aubry : la fin des intermédiaires, voilà, nous y sommes ! L’illusoire progrès démocratique consistant à nier les savoir-faire et à exiger que tout le monde puisse tout faire. Alors supprimons vite les médecins et les avocats, après tout la santé et le droit sont des biens trop précieux pour que l’on souffre qu’ils soient captés par une élite tout à fait contestable. C’est vrai, faire des études, acquérir un savoir-faire, une expérience professionnelle, bref, exercer un métier, quelle atteinte foudroyante à l’égalité démocratique ! Quelle insupportable discrimination à l’égard de tous ceux qui n’ont pas cela. Allons, je vous remercie d’avoir dévoilé votre pensée, confirmant ce que je subodorais en vous lisant. Comme beaucoup d’anciens journalistes vous avez à coeur de supprimer la profession, étonnant réflexe, sans doute né de la frustration…

  24. Je crois qu’il y a quelque chose que l’on oublie dans ce débat, ce sont les lecteurs !!!!

    Est-ce de la faute à Google si les « lecteurs 2.0″ :
    - ne veulent pas payer pour du contenu limité, cloisonné ?
    - veulent diversifier leurs sources ?
    - aiment lire des blogs pour le contexte établi par ce format (convivialité, proximité avec l’auteur, échange) ?
    - utilisent des outils géniaux comme les flux rss, Google News etc pour optimiser le temps qu’ils passent à s’informer en sélectionnant leurs sources plutot que d’acheter le « package » journal ??
    - les médias sociaux c’est juste plus fun que la presse ?

    Est-ce de la faute à Google si :
    - il y a tellement de contenu sur internet que le contenu des médias trad est noyé ?
    - les groupes de presse n’ont rien vu arriver ??

    etc…

    Google n’est qu’un bouc émissaire. Ca pourrait être yahoo, MS ou netvibes à sa place…

    Et même en situation de concurrence, de toute façon le prix de la pub ne remonterait pas pour autant. point barre!

    Lire davantage ici : http://www.tetedequenelle.fr/2009/12/qui-a-encore-besoin-des-medias-traditionnels/ ;-)

  25. Bon point, Stanislas.

    @aliocha, je comprends maintenant mieux votre besoin d’anonymat. Quand on ne sait pas discuter calmement, mieux vaut en effet le faire derrière un masque. Quant à ma frustration supposée, le moins que l’on puisse dire est que je n’en ai pas le monopole ici. Vous me battez à plate couture et je préfère me retirer.

  26. Ma réaction sur Twitter
    Exemple de bravade inutile #identitenationale – net & sans détour – La presse française ne comprend pas Google http://bit.ly/7Lhb4Y

  27. @Philippe Jannet :
    Donc, pour résumer vos propos, vous n’avez aucun autre argument que « Google gagne de l’argent (avec un tour de passe-passe financier) et c’est donc pour ça qu’on en gagne pas » ? C’est pathétique, le point Godwin est à l’horizon…

  28. @Christian Aubry : mais je suis tout à fait calme, j’en ai tellement lu sur la toile des discours comme le votre inspirés notamment par Jeff Jarvis que ça fait bien longtemps qu’ils ne m’irritent plus. Ils m’irritent d’autant moins d’ailleurs que les journalistes commencent à débarquer en nombre sur le web et à contrebalancer ce discours qui fut longtemps dominant.

  29. @TOMHTML : puisque vous êtes si à l’aise avec Google, faites une recherche sur les résultats financiers du Monde Interactif, et sur ceux de Google France pendant que vous y êtes, ca vous évitera de jouer les derviches tourneurs de vérité… et vous enlèvera quelques certitudes telles que « la presse en ligne perd plein d’argent », « Google est une boîte formidable »… Allez, je vous lâche l’info : lemonde.fr est + rentable que Google.fr !! Etonnant non ?

  30. Ce n’est donc ni un problème d’argent (puisque Le Monde en gagne), ni un problème de trafic (+ de 2 millions de visiteurs uniques / mois pour le site, en augmentation), ni un problème de « pillage de contenu » (puisqu’il est repris par Google Actualités avec votre consentement, et bien souvent ni le titre ni le texte des articles sont repris, juste le nom du journal). Où est donc le problème ?

    Il me semble que vous obtiendriez plus de soutiens si vos revendications, et leurs justifications respectives, étaient plus claires.

  31. @TOMHTML Je pense que pour la clarté du débat vous devriez tout de même décliner le nom de la société pour laquelle vous travaillez/bloguez.
    Je ne suis pas là pour « outer » mais quand même… :)

  32. [...] Article initialement publié sur La voix du Dodo [...]

  33. @Tatiana Je n’ai pas de nom à donner mais ma fonction est rédacteur en chef du site Zorgloob.com, qui traite de l’actualité de Google. Et on est plutôt du genre à critiquer nous aussi, mais dans le débat actuel j’admets être plutôt du côté de la défense. Disclaimer : je travaille également pour une groupe de presse, mais je n’ai pas d’activités ni avec les journalistes ni avec les équipes qui gèrent le contenu en ligne.

    Bref, ce que je vois pour l’instant ici c’est la critique du moteur uniquement parce qu’il offre un accès plus facile à la diversité de lecture.

  34. @Philippe Jannet – Merci de votre réponse. Je trouve en effet intéressant de comparer tous les conservatismes « anténumériques » (ceux de la presse, du show business et autres confondus) à l’incapacité d’adaptationaux nouvelles conditions climatiques du crétacé-tertiaire des tous-puissants dinosaures, ce qui eut pour effet d’éteindre leur espèce tandis qu’une foule d’autres survivait. Ne le prenez pas personnel, comme on dit chez nous ;)

    Sur le fond des partenariats possibles avec Google, j’aimerais bien connaitre votre opinion sur l’initiative Google Living Stories ainsi que sur ce constat de Jeff Jarvis cité plus haut: « Data is journalism. Platforms are becoming journalism. »

    Autres questions pour vous :
    Sur 1,75 euro payés aux USA pour Les Échos frais du jour livrés sur un Kindle, dites-vous, « il reste 30% pour Les Echos ». Combien coûte là-bas un exemplaire papier et combien reste-t-il sur le prix de vente pour Les Échos, tous frais de distribution payés? Et si, de plus, on retranche les frais de fabrication papier?
    Vous dites que Google « évite de payer près de 250 Md’€ d’impôts sur les sociétés ». Est-ce à dire qu’elle ne paie pas d’impôts en Irlande? Si oui, est-ce illégal? Pouvez-vous clarifier cela, SVP, car aux USA, il me semble qu’il n’y a rien d’illégal à ce qu’une entreprise paye ses impôts dans le seul État où se trouve son Siège social.
    Même chose quand vous lancez « Où sont passés les 760 millions? » Que voulez-vous dire? Y a-t-il fraude?
    Quand vous dévoilez le deal proposé par Google aux éditeurs de presse d’enregistrer les traces et les profils des lecteurs, vous insurgez-vous au nom des citoyens dont l’anonymat ou la sécurité serait menacés (auquel cas vous m’intéressez) ou bien en votre nom propre, parce que préféreriez exploiter ces données à votre seul profit?
    Si c’est le cas, pourquoi ne le faites-vous pas? Pourquoi ne modifiez-vous pas tout simplement votre fichier robots.txt que, jusqu’à preuve du contraire, Google respecte scrupuleusement?

    Croyez bien que je ne pratique pas l’angélisme, mais je fais partie de ceux dont Google a changé la vie pour le meilleur et non pour le pire. Elle a contribué comme nulle autre à rendre possible la vision que j’avais de votre beau métier il y a plus de 10 ans déjà. Alors pardonnez-moi d’être un peu sceptique face à des affirmations qui soulèvent plus de questions que de réponses ;~)

  35. @Tatiana qui écrit: « (…) vous devriez tout de même décliner le nom de la société pour laquelle vous travaillez/bloguez. » Je seconde et remercie TomHTML, qui pourrait quand même en profiter pour préciser qu’il travaillait précédemment… pour Google!

    Cela vaut aussi pour l’amazone Aliocha au sein caché et à la flèche agile, qui aime tant s’en prendre à la personnalité assumée de son interlocuteur plutôt qu’à ses arguments. C’est classique, quand on est en mode réaction plutôt qu’en mode solution. On fait fi du message et l’on exécute le messager, en se cachant de préférence derrière un buisson. ;)

    Vraiment étrange, cet manie française de prétendre à la parole citoyenne sous couvert d’anonymat. Quelle belle évolution de la déontologie journalistique !

  36. @Christian Aubry : Faut pas croire tout ce qui est sur le web, je n’ai pas de belle moustache non plus ;) Ce que j’ai dit plus haut est vrai en revanche. // Je ne suis pas certain que le fait de ne pas avoir de nom change quoique ce soit à ce débat, et quand bien même je travaillerais pour Google ou pour Le Monde, mes questions restent les mêmes ;-)

  37. [...] Après l’annonce de Mr Murdoch de faire passer l’ensemble de ses sites sur un modèle payant, puis celle de (peut être) demander la désindexation de son contenu de Google News, la question se repose à nouveau chez certains médias français de faire aussi “ marche arrière “, arguant d’une part le fait qu’ils n’auraient en fait jamais du rendre leur site payant au départ, et d’autre part en dénonçant autant qu’ils le peuvent le grand méchant Google… [...]

  38. Je viens un peu défendre TOMHTML même s’il n’en a peut être pas besoin.
    Je le connais bien je le lis et participe sur Zorgloob depuis très longtemps.
    Je pense que Zorgloob est certainement en France le blog le plus complet pour tout ce qui concerne Google et l’ensemble des rédacteurs aime Google tout en restant objectif et très critique.

    Concernant les critiques du monde et de libération, je ne pense pas que toute la presse française soit du même avis, on peut reprendre en quelques points:
    1. La presse: Vous voler nos titres et nos articles dans Google news.
    La réponse de google: elle est simple modifier vos robot.txt et vous ne serait plus indexer. Résultat zéro trafique venant de chez nous.
    2. La presse: Ok vous permet de faire un lien entre Google news et nos articles par contre on veux que les gens cliques sur nos pubs.
    La réponse de Google, on vous propose Adsense c’est service de Pubs qui vous permet d’avoir des pubs en rapport avec vos articles et non des pubs lambda, on vous promets des meilleurs revenus. Bien sur adsense et google news coutent de l’argent à Google et en plus on est une entreprise comme une autre nous aussi on veut gagner de l’argent donc on prend un pourcentage sur les pubs que vous afficher chez vous. Si ce n’est pas assez rentable pour vous allez voir ailleurs ou faites votre propre système de pub.
    3. La presse: Vous utilisez les données de nos lecteurs que vous recueillez chez nous, pour d’autres sites utilisant adsense.
    Réponse de Google: on s’est faire ça, on va pas s’en privé. On le fais déjà partout sur tout nos services et sur tout les sites que vous participiez ou pas c’est pareil pour nous. Pour vous, l’objectif c’est du trafique et l’argent qui va avec, pour nous la pub c’est notre gagne pain alors si vous utilisez notre service tant mieux et en plus à coté on vous fournis d’autre service comme analytics pour que vous orientez vos rédactions et journaux dans la bonne direction celle du lecteur.
    4. La presse: Google c’est que pour faire de l’argent vous allez tuer la presse.
    Réponse de Google: Oui on veux faire de l’argent, on sait en faire et on le fais bien sans que le consommateur en pâtisse. Vous savez faire pareil?
    On n’est pas parfait mais vous pouvez toujours essayer de faire mieux sans nous ou avec nous.

  39. Je ne comprends pas trop pourquoi tout le monde part du principe que le travail du journaliste est utile d’une part et que d’autre part il ne peut être reconnu qu’à travers son statut de salarié d’une entreprise de presse. Aujourd’hui il y a un certain nombre de contentieux entre la presse et ses usagers, pas toujours explicites et surtout rarement explicites de manière constructive. Google (mais tuer google ne changera rien) m’est utile en tant qu’usager (après on pourrait parler de produit, de client… mais moi, usager, je ne veux pas de produit et je ne suis parfois client que par soumission à la production), même quand ils utilisent des informations personnelles pour me fournir des informations « publicitaires » qui m’intéressent réellement.
    Alors voilà, je me pose une question: si on sortait du « gratuit », est-ce que je voudrais payer Google ou LeMonde ? La « valeur » je la trouve chez qui ? Demain quand Google réécrira automatiquement un « article » (mais nous sommes encore dans l’idée du produit alors que ce qui m’intéresse c’est le service) comme une agrégation de fragments de contenus, qui sera vraiment à l’origine de la valeur ? Aujourd’hui Google me donne l’occasion d’assembler moi-même tous ces fragments, c’est moi qui donne la pertinence, la valeur, de ce que je trouve sur le web, c’est moi, lecteur-spectateur, qui donne du sens. Mais sans la transformation que Google apporte à la matière brute que représente un certain nombre de contenus j’aurais plus de mal.
    De toutes façons je compte bien sur l’inutilité sociale des groupes de presse d’aujourd’hui pour continuer de forcer leurs journalistes salariés à ouvrir leur blog pour qu’il y ait des choses intéressantes à lire sur le web (au pire, c’est à dire si le certificat de qualité que se donnent eux-même les journalistes était vraiment signifiant) quand leurs employeurs seront revenus au modèle économique du produit-déchet libéré de Google.

  40. @Philippe Jannet : Voici un commentaire de Zorg trouvé sur le site d’Owni http://bit.ly/6ywk39 :

    Il faudrait que les français sachent se parler pour une fois. Pourquoi la presse française ne propose t elle pas un portail de vente de contenu en ligne formaté et pub accessible sur des livres electroniques comme Bookeen. Les solutions existent en Europe et en France, pourquoi ne pas simplement dépasser google ou le Kindle ?

    Cette suggestion revient souvent, qu’en pensez-vous?

  41. [...] Google vs presse française : péripétie du clash entre Google et la presse française en texte et vidéos. [...]

  42. @Tatiana : Nous y travaillons… si si…
    @les autres : Je n’ai rien de particulier contre GoogleSearch ou GoogleNews (sauf que ce dernier est un peu réducteur et aux limites de la pensée unique dans son choix de mettre en avant exclusivement les infos les plus traitées ou recopiées, ce qui pourrait être corrigé par un travail plus étroit avec les sites produisant l’info). Je ne demande pas un impôt Google, une taxe Google, etc… Je suis par contre certain que si Google payait des impôts dans les pays dans lesquels il réalise ses revenus, et non dans ceux où la fiscalité est la plus faible, Google serait moins bénéficiaire, enrichirait moins ses actionnaires, mais serait aussi obligé de réévaluer un peu les mises à prix de ses adwords et adsenses, ce qui aurait un effet bénéfique sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’internet. Le représentant de Google parlait de transparence et d’éthique, pardonnez moi de l’avoir pris au mot et de lui avoir posé des questions qui me semblent légitimes.
    Enfin, pour ce qui concerne la collecte des données personnelles et ce que peuvent en faire les sites, je vous conseille de relire Philip K Dick, idole des fondateurs de Google, et peut-être comprendrez vous mieux la méfiance du Dinosaure qui, en parenthèse, totalise 15 ans d’édition en ligne sur internet.

  43. @ Philippe Jannet – Merci du retour, je crois que je vais en rester là. Ce que je retire de cette conversation, au final, c’est qu’il n’y a pas vraiment de « clash » entre Google et la presse française, mais bel et bien une négociation tendue.

    Si je comprends bien, vous reprochez à Google de vendre les pubs ciblées Adwords affichées sur ses pages de recherche et ses services en ligne pas assez cher comparativement aux pubs généralistes que vous vendez-vous même sur vos sites, mettant ainsi votre offre et vos principales sources de revenu en péril. Elle peut le faire, insinuez-vous, pour la simple raison qu’elle n’est pas soumise aux même taux de taxation que vous. Merci de corriger au besoin cette impression.

    Dans l’entrevue diffusée ci-haut, en effet, Nathalie Collin en appelle aux internautes pour entendre raison à Google. Il me semble que vous devriez alors jouer carte sur table avec eux en expliquant, aussi clairement que vous le faites pour des sujets traditionnels, les tenants et les aboutissants de ce marchandage.

    Sans un effort pédagogique le plus transparent possible, le public ne considèrera que les avantages qu’il retire des services de Google et les récriminations classiques qu’il entretient, pour des raisons totalement déconnectées de ce débat, vis à vis de telle ou telle marque média. Il trouvera suspectes vos dénonciations de fraude fiscale (?!) et vos bonnes dispositions à vous accommoder du profilage des visiteurs pour autant que cela ne rapporte qu’à vous-même. Et il aura tendance à prendre partie de la formidable machine à innovation qu’est Google face à laquelle les innovations très prudentes des groupes de presse français depuis 15 ans fait pâle figure à leurs yeux.

  44. Le Google bashing est semble t-il un sport international. Pour mieux comprendre les fondements de cette haine, lisez le billet très approfondi de Frédéric Filloux sur Monday Note.
    http://www.mondaynote.com/2009/12/13/not-on-the-same-page-ever/#comment-1826

  45. [...] je vous recommande d’aller regarder la suite sur le site de la Voix du Dodo qui s’offre en plus l’explication de [...]

  46. Pour ma part je ressent une mauvaise fois de la part des médias.

    Ce genre de débat n’est la que pour rappeler au public que les médias sont encore présent et qu’il souffre de leur arrogance et stupidité face à Internet.

    Ils étaient la à la naissance d’Internet, ils pouvaient en faire leur outil de prédilection, ils avaient l’argent, les personnes, mais ils ont préférer dire que ce serait un outil sans avenir. Alors maintenant qu’ils se voient menacé (très sérieusement) ils viennent pleurer sur ceux qui ont su se construire un marché nouveau, sur ce même marché que les médias pensaient avoir tout pouvoir.

    Finit la manipulation du public, finit l’information filtré, finit les propagandes, finit l’argent facile, finit la publicité réservé au gros industriels. Aujourd’hui, internet nous apporte de l’information libre et gratuitement.

    Pour réagir au débat, tout d’abord, je dirait qu’il faut arrêter de mélanger Google et Internet. Ce sont deux choses complètement différentes.

    Internet, est la diffusion de la connaissance.
    Google, est la centralisation de cette connaissance.

    Qu’ont fait les médias pour leur audience? Il ne calculait pas celle-ci via des bureaux de sondage que je sache, dans le but de faire payer toujours plus cher leur annonceur ? A mais oui, la ils ont le droits « d’espionner » leur audience, c’était les premiers à y avoir pensé…bien sûr… Mais quelle mauvaise fois… je crois n’avoir jamais entendu quelque chose d’aussi pathétique Monsieur Philippe Jannet.

    Mais svp, arrêtez de pleurer sur votre sort ! Oui Google est grand, oui il grandit à l’aide des analyses qu’il fait sur nos habitudes de navigation. Mais svp, arrêter de crier au scandale, quand vous avez essayer de faire la même chose.
    Je dis essayer, parce que ma fois votre système d’analyse n’a jamais été aussi précit que celui qu’Internet offre au entreprise d’aujourd’hui.

    « - Google veut faire payer plus, pour une source de trafic plus précise »,… et vous faite quoi vous ?

    Je n’ai plus envie de débatte. Pour moi, les médias sont devenu de vulgaires pions dans un jeux d’échec. Ils sont déjà « échec et math » et ce,par leur uniquement par leur arrogance ! Alors maintenant ils n’ont qu’à se plier aux règles des nouvelles lois qu’Internet à faites.

    A bon entendeur Saloute !

  47. Je retiens que Philippe Jannet, probablement abonné à ce billet et prompt à répondre d’après ses interventions précédentes, ne corrige pas l’impression que j’exprimais plus haut. Alors, de deux choses l’une:

    (1) Soit j’ai raison et son indignation n’est qu’une feinte d’homme d’affaires chevronné cherchant à discréditer l’adversaire pour mieux le faire plier (en ce cas, ne lâchez rien, M. d’Asaro, vous n’avez strictement rien à perdre).
    (2) soit ma prose, ainsi que les questions que je lui posais ici et auxquelles il n’a toujours pas répondu, n’ont pas l’heure de valoir qu’il s’y attarde (et alors l’accusation d’arrogance lancée par C. Badoux n’est pas si gratuite que cela).

    Intéressante conversation ;)

  48. Au fait, quelle heur est-il ? ;)

  49. La presse en a marre du trafic gratuit sur son site fournit par Google?

    Il suffit à n’importe quel site d’aller dans son fichier robot.txt et taper les lignes magiques:

    User-agent: *
    Disallow: /

    Voila maintenant, les sites ne seront plus indexés par Google News, et les internautes visitant le site n’arriveront plus par Google. Il faut s’attendre à -40% de trafic, le prix d’etre « libéré » de cette « entreprise américaine »

  50. Saluont tout de même le courage et la courtoisie de monsieur Carlo d’Asaro qui a accepté de répondre a toutes ces attaques sans perdre son sang froid. Personnellement je n’aurais pas voulu être a sa place et subir une telle pression, j’ai pas les nerfs assez solides pour ça :p

  51. [...] pour la vidéo avec Youtube ou la presse avec Google News (cf. Affaire Murdoch aux Etats-Unis et ici pour la France). Ce procès aurait pu être l’occasion d’examiner la conformité du modèle [...]

  52. [...] pour la vidéo avec Youtube ou la presse avec Google News (cf. Affaire Murdoch aux Etats-Unis et ici pour la France). Ce procès aurait pu être l’occasion d’examiner la conformité du modèle publicitaire de [...]

  53. [...] Décembre 2009 : Lancement du Kindle (d’Amazon) à l’international. Google est accusé de spolier la presse [...]

  54. Moi ce qui m’inquiète c’est la phrase suivante :
    « Je ne suis pas prêt à vous aider demain à vendre moins cher sur d’autres sites aux gens qui sont passés chez moi la publicité que moi je pourrai leur vendre » , s’insurge le PDG du Monde Interactif.

    Savoir que Le Monde vend de la publicité à ses lecteurs, plutôt que de l’information est assez sympthomatique du pourrissement des média.
    ça me rappelle « le temps de cerveau » d’un certain patron de TF1… Il n’y a vraiment que le fric qui les intéresse.

  55. [...] systématique des articles » publiés sur les sites des journaux. Un vif débat a eu lieu entre Google d’un côté, Libération et Le Monde de l’autre. Google y est [...]

  56. [...] News et son « pillage systématique des articles » publiés sur les sites des journaux. Un vif débat a eu lieu entre Google d’un côté, Libération et Le Monde de l’autre. Google y est pointé du [...]

  57. [...] de l’Est et du Sud, dans une sorte de traquenard, fort heureusement filmé et mis en ligne par La Voix du Dodo. Nathalie Colin reproche ainsi à Google une « captation » de la valeur [...]

  58. [...] n’est pas, comme l’avance Nathalie Colin, présidente du directoire de Libération, que Google « capterait la valeur » de l’information créée par les [...]

Laisser une réponse

Copyright © 2009 La voix du dodo est propulsé par WordPress
Suivez les parutions via RSS
Ou seulement les commentaires.