Hyperlocal : pour ou contre l’info « conso »?

Ils vous informent des bons plans de votre quartier : restos pas chers, promos de commerçants etc. S’il existe une presse qui a trouvé son modèle économique, c’est bien la presse locale « conso ». Du coup journaux gratuits, sites et newsletter « hyperlocaux » se multiplient sur ce créneau un peu partout. Mais peut-on encore parler de journalisme? Oulah ! Aux Assises (encore) le loup est entré dans la bergerie en la personne de Michel Lallement, fondateur du Pili-Pili

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’accueil par les journalistes présents a été plutôt froid. Les critiques ont même commencé à pleuvoir dès les premières secondes de son intervention, comme vous le verrez. Mais le bonhomme semble bien rôdé à ce type de clashs qu’il considère manifestement comme des débats d’arrière garde. Je vous laisse juges…

(5:12)

S’ensuit une réaction « irritée » contre les Assises du journalisme qui, en invitant Monsieur Pili-Pili, « font le jeu des agences de communication qui tentent depuis des années de détruire la frontière entre la publicité et l’information« . La salle boit du petit lait, mais le Michel repart au charbon, et il faut reconnaître qu’il est bon le bougre…
(1:59)
L’insurrection se poursuit jusque dans les couloirs et après, au cocktail. « Le lecteur n’est pas un consommateur!« , s’étouffe Rémi Douat, journaliste à Questions génération sur France 4 et reporter à Planète, qui visiblement à du mal à s’en remettre…
(3:34)
Mais la presse « servicielle » (quel joli mot!) a aussi des supporters inattendus comme Christine Leteinturier, maître de conférences à l’Institut français de presse. Pour cette éminence, les cris d’orfraie sont très exagérés, limite hypocrites. Voici belle lurette que des magazines très cotés, surtout chez les jeunes, sont bouffés par les marques.
Et de citer la presse cinéma, qui s’apparente plus selon elle à « de la communication au service des producteurs et des réalisateurs qu’à un espace de critique et de réflexion sur l’industrie cinématographique. » Héhé, là on est bien dans le débat…
(2:29)

Si l’on a pu profiter de cette belle partie de ping-pong c’est aussi parce que la conférence avait commencé avec ce que d’aucuns considèrent comme de la presse « noble », à savoir la PQR. Hubert Coudurier, du Télégramme (de Brest) était en effet venu présenter son projet de TV locale et de site internet. Voici son intervention.

On y apprend des choses assez marrantes, comme par exemple qu’un pool de journalistes du quotidien se sont vus confier des téléphones Nokia équipés et de camescopes Sanyo pour alimenter le site, alors même qu’ils « écrivent souvent plus d’un papier par jour. »

(11:15)

Un joli mélange des genres donc, sous le regard amusé de Nicolas Guillaume qui venait présenter son agrégateur de blogs hyperlocaux Regioo. A 23 ans, Nicolas a déjà une première expérience réussie avec le Blog de la boucle, lancé en 2008 à l’occasion des élections municipales de Besançon. Il raconte ici son parcours et ses projets…

(9:25)


Du coup, un doute m’assaille : l’info hyperlocale est-elle en train de glisser dangereusement sur la pente de l’infomercial ? J’attends vos contributions…
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6 Réponses à cet article

  1. Merci pour ces quelques vidéos. Cela me fait un grand plaisir de réentendre les propos de Pierre Daum sur la machine à rumeur… c’était un grand moment.

    Merci à Tatiana pour son travail de captation.

  2. Je suis pour l’info-conso, info pratique, peu importe le terme, certes elle est moins « noble » mais rend bien service aux lecteurs, moi la première, c’est la seule question qui vaille pour moi : y a t-il une demande ? Après, bien sûr, il faut encadrer son traitement pour ne pas virer dans l’infomercial.
    merci de lancer ce débat, le dodo a l’oeil ouvert ;-)

  3. [...] Hyperlocal : pour ou contre l’info « conso » ? – Le blog « La voix du dodo » met en ligne les vidéos de la table [...]

  4. Hmmmm…soit je lis mal, soit je lis beaucoup d’ironie concernant le Télégramme…non justifiée en plus…
    Ce n’est pas un pool mais l’ensemble des journalistes du quotidien qui ont reçu un nokia pour filmer en direct (les pêcheurs du Guilvinec ça rappelle des souvenirs ? ) et chaque rédaction locale est dotée d’au moins une caméra…plusieurs dans les plus grosses…

  5. Il y avait effectivement de l’ironie et il ne s’agissait pas de brocarder cette initiative, bien au contraire, mais plutôt le principe qui consiste à suréquiper les journalistes (plutôt qu’à en embaucher de nouveaux) pour leur demander de couvrir un même sujet avec de l’écrit, du son, de la vidéo et de la photo, ceci pour alimenter plusieurs supports : journal, site ou TV.
    Savoir qu’un ou deux papiers devront être écrits dans la journée en plus du multimédia, cela a de quoi laisser rêveur tout de même… Mais je ne doute pas que vous ayez mis au point une organisation qui le permette.

    Le journaliste « Shiva » fait-il vraiment progresser la qualité de l’info? C’était justement un thème âprement débattu lors d’une autre conférence de ces Assises…

  6. très bien cette réflexion et vos commentaires enlevés. Je vous mets dans mes favoris, Tatiana…

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