Comment réaliser un web-documentaire sans se ruiner?

Pas besoin d’être un photoreporter de renom, ni d’attendre des milliers d’euros de subvention du CNC pour se lancer dans le web-documentaire. Louis Villers et Alexis Sarini, étudiants de l’ESJ Paris, nous expliquent ici comment ils ont réalisé un web-docu qui tient la route (From Kaboul to London, sur des réfugiés afghans en Angleterre) avec un matériel rudimentaire et en limitant tous les frais au strict minimum. Coût d’une semaine de tournage à Londres: 400 euros !

Au début, ça commence avec une bonne dose d’audace, et un petit coup de pouce du facteur chance…

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Le car et le squat, vieilles techniques d’étudiants fauchés pour voyager à moindre prix…

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Sur le terrain
Très important : le choix du matériel. Il doit être à la fois économique et peu encombrant.
Impossible d’investir dans un appareil photo et une caméra? Alexis et Louis recommandent de s’équiper d’un unique Nikon D90 (environ 700 euros), qui fait des films de bonne qualité. Et au lieu du traditionnel dictaphone Nagra à 900 euros (le matos des pros), un simple enregistreur Belkin Tune Talk pour Ipod à environ 50 euros et un iPod feront parfaitement l’affaire (ceci n’est pas un message à caractère publicitaire)…


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Dans quelles situations utiliser plutôt la photo ou la vidéo? C’est la grande question que se posent la plupart des débutants en web-docu…

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Au moment du montage
Montages audio, photo et vidéo peuvent se faire sans problème avec des logiciels basiques et gratuits tels que iMovie (Mac) ou Windows Movie Maker (PC) pour l’image et  Adobe Audition pour le son (gratuit en version ancienne).
« Les formats sont très courts, il n’y a pas besoin de fioritures ni d’effets compliqués dans le montage », précise Alexis.

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L’important est surtout d’introduire un maximum d’interactivité dans le web-docu, en ne perdant jamais de vue que l’auditeur sera assis devant un écran d’ordinateur, avec parfois très peu de temps pour le visionner.
Ce qui distingue un web-docu d’un documentaire classique c’est cette possibilité de découvrir le reportage en 2 min ou en 5 heures, comme nous l’explique Louis…

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Un coût ramené au strict minimum, pour un rendu maximum. Très bien, mais quel est le prix de ce travail? C’est là qu’on ne rigole plus.
Car il ne s’agit pas de sombrer dans l’angélisme : il n’existe pour l’heure aucun modèle économique au web-documentaire! N’espérez donc pas en vivre, du moins à moyen terme.
Toutefois, il n’est pas interdit de se faire plaisir pendant ses études, ou en comptant sur d’autres sources de revenus.

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Pourquoi se passionner autant pour le web-docu ?
C’est vrai ça, c’est compliqué, ça prend beaucoup de temps et en plus ça ne rapporte rien. Alors pourquoi ces étoiles dans vos yeux les gars ?
« Ce qui est envoûtant c’est qu’il n’y a aucune règle. On peut se permettre des formes très différentes » (Louis) « On est sur un pied d’égalité avec des journalistes qui ont 30 ans d’expérience » (Alexis)
Bon, vu sous cet angle…

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En attendant la diffusion de From Kaboul to London, voici une saisie d’écran :


Capture web docu afghans


Pour les contacter :

louis.villers ou @louisvillers sur Twitter

A voir aussi, L’Interview, leur site laboratoire du web-documentaire.


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5 Réponses à cet article

  1. Passionnant post, bien rythmé, et une super découverte! Ça fait bien plaisir !!!
    merci!!

  2. Très sympa comme reportage. Ca donne vraiment envie et de découvrir le résultat de leur boulot mais de partir en reportage ! C’est quand même aussi pour ça qu’on fait ce métier. Merci Tatiana !

  3. A lire, une interview d’Oliver Lambert (journaliste) et Thomas Salva (photographe), qui se sont lancés dans le webdocumentaire en finançant tous leurs reportages de leur poche : http://www.cursus.edu/?module=document&action=getDoc&uid=71103
    Je rappelle à toutes fins utiles qu’il existe quand même des moyens de se faire subventionner et des boîtes de prods spécialisées dans le webdocu. Attention à ne pas faire l’apologie du « low-cost » ou de couper l’herbe sous le pied des professionnels qui voudraient bien un jour vivre de ce métier…

  4. Vous pouvez également retrouver Olivier Lambert et Thomas Salva en vidéo sur linterview.fr

    http://linterview.fr/new-reporter/linterviewfr-rencontre-olivier-lambert-et-thomas-salva/

    Merci à tous !

  5. [...] en forte baisse. C’est le moment de jouer la débrouille, comme nous l’expliquent ces deux étudiants de l’ESJ spécialisés dans le [...]

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