Cinq journalistes et un blogueur passés au grill par des lycéens de Bondy

Les jeunes de banlieue sont vraiment ingérables. La scène se passe au Lycée Jean Renoir de Bondy le 24 mars dernier. C’est la semaine de la presse à l’école et la prof d’histoire-géo a réuni une belle brochette : cinq journalistes de la grande presse et un blogueur face à une cinquantaine d’élèves. Et voilà que quelques impertinents se mettent à poser des questions déplacées du style « Est-ce que l’Etat vous influence? » ou « Pourquoi voit-on toujours les mêmes sujets partout? » . On s’attendait à voir nos conférenciers s’outrer devant tant d’irrespect voire même quitter la salle, mais il n’en a rien été. Au contraire, cet échange piquant mais chaleureux a même donné lieu à quelques épisodes de franche rigolade…

« Qui fait la presse? » C’est le thème de la conférence organisée dans la salle polyvalente du Lycée Jean Renoir où nous arrivons de bon matin, Marie et moi. Marie Bonnard c’est une copine journaliste et documentariste qui appartient comme moi au collectif de pigistes Les Incorrigibles. Elle a été invitée à intervenir devant les élèves par Elodie Gautier, professeur au lycée et membre de l’équipe du CLEMI-Créteil. Je l’accompagne, caméra en bandoulière pour immortaliser ce moment.

Visit writing-reviews.com for the most trusted writing companies reviews by college students Les confrères arrivent peu à peu. Un gobelet de café à la main, on s’échange les dernières rumeurs. Rien sur le couple présidentiel, hein. La presse va mal, on n’est pas là pour rigoler. Ca discute plutôt du tirage en chute libre de tel quotidien régional ou de la moyenne d’âge problématique (50 ans) des lecteurs de tel news magazine. La cloche sonne. Nous sommes en présence de Gurvan Le Guellec, du Nouvel Observateur, Nordine Nabili, ex-rédacteur en chef du Bondy Blog (aujourd’hui responsable de la prépa gratuite aux écoles de journalisme de Bondy), Hugh Dent, citoyen britannique journaliste au desk anglais de l’AFP, Jacky Durand du service société de Libération qui est venu avec un journaliste de Libération.fr. D’émotion j’en renverse mon café par terre.

(Après ces 7 extraits, la réaction de nos confrères)

1. La première question, jolie, s’adresse à Marie et détend tout de suite l’atmosphère : « En tant que journaliste indépendantiste est-ce que l’on vous prend au sérieux? »


2. Le Guellec demande à Nordine Nabili quelle différence il fait entre journaliste et blogueur…


3. « Est-ce que l’Etat joue un rôle quelconque avec les articles que vous publiez? » Réponse très précise et pas langue de bois de Hugh Dent, agencier déluré.


4. A propos de l’affaire Zemmour : « Est-ce que l’on peut virer quelqu’un pour avoir dit ce qu’il pense? » Et « pourquoi Jean-Marie Le Pen peut-il dire ce qu’il veut dans les médias? »


5. Amine, en terminale ES, fait s’étrangler le caustique Hugh avec cette question : « Comment on passe du journalisme anglais un peu « trash » au journalisme français, plus sérieux? »


6. « Pourquoi on a fait partout des articles sur la grippe A, alors qu’il y a des sujets hyper importants comme le conflit Israélo-palestinien? » Jacky Durand s’y colle.


7. « Pourquoi c’est toujours les mêmes sujets qui sont traités? » Nordine Nabili aborde l’omniprésence des services de presse. Jacky Durand reconnait ce syndrome très répandu de « l’obsession du 20h » dans les journaux quotidiens.


Je choppe les conférenciers à la sortie (sauf Nordine Nabili qui s’est échappé)…

1. Pourquoi avoir répondu à l’invitation du lycée Jean-Renoir?


2. Avez-vous été surpris par les questions?


3. Peut-on encore ramener les jeunes vers la presse écrite?



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