Mondadori contraint par le TGI de revoir son plan social

Coup dur pour la direction de Mondadori France. Le 15 juillet, le TGI de Nanterre, saisi en référé par le comité d’entreprise, a décidé de suspendre le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) enclenché le 4 mai dernier. Ce plan prévoyait la réorganisation des équipes du pôle « Programmes TV » (Télé Star et Télé Poche) et la suppression de 36 postes de journalistes et d’un poste d’employé. Motif : ce plan ne respecte pas les obligations légale en matière de reclassement des salariés, apprend-on de source syndicale.

Dans le PSE, la direction envisagerait de supprimer 18 postes et proposait à 19 salariés un reclassement dans la société TV Base,  »bases de données TV nouvelle génération », déjà fournisseur de Mondadori et Prisma Presse.

Sauf qu’en cas de refus, l’entreprise avait semble t-il tout prévu pour éviter d’avoir à reclasser certains salariés dans ses rangs : « Le plan a été rédigé avec des noms de catégorie professionnelles trop pointus comme rédacteur-programmes ou SR-programmes, qui ne permettaient pas de leur trouver un poste en interne, puisque la rédaction programmes était vouée à disparaître« , explique t-on au sein de l’équipe.

En attendant de revoir sa copie, Mondadori a cessé les réunions et autres comités de rédaction qui s’enchaînaient depuis début mai en vue de  la réorganisation du pôle, et qui avaient perduré jusqu’au 21 juin. L’administration du travail avait pourtant déclaré ce plan illicite et envoyé un constat de carence à la direction du groupe le 17 mai.

Des journaux en perte d’audience mais bénéficiaires

Et ce n’est peut-être pas le bout du tunnel pour Mondadori France. Le 5 novembre prochain, le groupe sera de nouveau au tribunal confronté au comité d’entreprise qui contestera cette fois le plan sur le fond. « Nous contestons la justification économique de ce plan, motivé par une baisse de la diffusion de la presse TV. Or à ce jour les titres ne perdent pas d’argent, même s’ils ne sont plus le navire amiral du groupe comme c’était le cas en 2004« , indique-t-on au sein de la rédaction.

Récemment, le siège italien de Mondadori avait publié des comptes excellents, avec un chiffre d’affaires de 2% à 741,4 millions et un bénéfice net part du groupe en hausse de 50,3% à 22,7 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année (AFP). Mais la direction faisait part de son « extrême incertitude » en Italie et en France.

Selon l’OJD, on note en effet une érosion de la diffusion depuis 2004, tant pour Télé Poche que pour Télé Star, ce qui ne présage en rien des rentrées publicitaires ou du bénéfice de ces journaux. Mais impossible d’en savoir plus, les comptes détaillés étant précieusement tenus secrets. Tout au plus apprend-t-on que le chiffre d’affaires du pôle TV est passé de 40% du total groupe à environ 20% en sept ans.

La délocalisation touche aussi la presse

Ce revers est-il de nature à faire réfléchir les autres éditeurs français qui, comme Mondadori, sont de plus en plus tentés de diminuer les effectifs de leurs rédactions pour faire appel à des sous-traitants, un peu vite proclamés « agences de presse »?

Aux journalistes d’être vigilants. Chez Mondadori, on semble en tout cas bien décidé à ne pas céder : « Nous, nous défendons l’idée qu’il faut que ce soient les journalistes qui fassent les journaux et pas des prestataires externes. » Affaire à suivre…

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