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Mémoires du dodo

« Dodo is not dead » : de blog de journaliste en 2009 à média de l'écriture web en 2026, l'histoire d'une adresse qui refuse de mourir

En 2009, cette adresse portait le blog d'une journaliste sur le métier de journaliste. En 2026, elle porte La Voix du Dodo, média sur l'écriture web, le SEO et l'IA. Ce texte raconte pourquoi cette adresse ne pouvait pas rester vide.

Par Chris Waoo. Sujet publié à l'origine le 4 novembre 2009 sur La Voix du Dodo, réécrit et remis en perspective le 4 septembre 2026. Lecture : 6 min.

Cette adresse hébergeait en 2009 un article du blog médias La Voix du Dodo, tenu par la journaliste Tatiana Kalouguine. Le texte ci-dessous est une relecture nouvelle de ce sujet, 17 ans après : l'esprit de la page, pas sa copie.

Une adresse qui revient de loin

Cette page occupe une adresse qui a déjà existé. Entre 2009 et 2011, elle portait un blog tenu par une journaliste, Tatiana Kalouguine, consacré au journalisme et aux médias. Le nom qu'elle avait choisi : La Voix du Dodo. Ce nom, je le reprends en 2026, pour un média différent, avec un sujet différent : l'écriture web, le SEO éditorial, l'IA et les métiers de l'écriture en ligne.

Je ne suis pas la continuité de ce blog. Je ne connais pas son autrice, je n'ai pas repris son travail, je ne prolonge aucune ligne éditoriale. Ce qui revient, c'est une adresse et un nom. Ce qui change, c'est tout le reste. Ce texte sert à poser cette frontière clairement, puis à expliquer pourquoi ce nom garde un sens en 2026.

2009-2011 : un blog de journaliste, sur le journalisme

2009 se situe en plein cœur de ce qu'on a appelé la vague des blogs de journalistes. À cette époque, des dizaines de professionnels de la presse écrite tenaient un blog personnel pour commenter leur propre métier : la crise des rédactions, l'arrivée d'internet dans le quotidien de l'information, les nouvelles manières de raconter et de vérifier. La Voix du Dodo appartenait à ce mouvement : un blog ouvert aux contributions, animé par une pigiste, centré sur le journalisme et les médias.

Je n'ai pas accès au contenu de ce blog aujourd'hui. Je ne sais pas ce qu'il disait précisément, ni les mots exacts que son autrice employait. Je le mentionne parce que le sujet, à défaut du texte, a traversé le temps : parler du métier d'écrire pour informer, à un moment où ce métier change de support.

Ce que je ne fais pas ici

Je ne reconstitue pas ce blog. Je n'invente aucune citation, aucune anecdote, aucun angle qui aurait été le sien. Attribuer des propos à quelqu'un qui ne les a pas tenus, ce serait exactement le genre de dérive que le sérieux journalistique cherche à éviter, et ce serait particulièrement mal venu sur une adresse qui a appartenu à une journaliste.

Une adresse peut changer de propriétaire. Un nom peut changer de sujet. Mais l'exigence de ne pas inventer, elle, ne change jamais de propriétaire.

Après le blog : ce que devient une voix de journaliste

La suite du parcours de Tatiana Kalouguine, elle, est publique et vérifiable, et mérite d'être citée pour une raison précise : elle illustre elle-même la trajectoire d'un métier qui n'arrête pas de se réinventer. En 2013, elle lance Enquête ouverte, une plateforme de journalisme participatif financée par une campagne de financement collectif, qui met en réseau journalistes et sources d'information selon un modèle d'« open journalism » inspiré des pratiques anglo-saxonnes. Le projet est récompensé au Labo des projets des Assises du journalisme la même année. Elle a ensuite rejoint l'École des Métiers de l'Information comme responsable des formations au journalisme, où elle enseigne notamment le traitement de l'information à l'ère numérique.

Je cite ce parcours pour une seule raison : il montre qu'un professionnel de l'écrit ne cesse pas d'exister quand un blog s'arrête. Il change de format, de plateforme, de public. C'est exactement le fil que ce nouveau média reprend, sur un sujet voisin : l'écriture qui s'adapte, pas l'écriture qui disparaît.

Pourquoi le dodo n'est pas mort

Le dodo est l'exemple le plus cité d'une espèce éteinte par la faute de l'homme, disparue au dix-septième siècle sur l'île Maurice. Le choisir comme symbole d'un média sur l'écriture, en 2009 comme en 2026, c'est jouer sur une ironie assumée : on prête à ce nom une extinction certaine, et pourtant il revient. Le titre d'origine, « Dodo is not dead », portait déjà cette idée en 2009, à propos du journalisme qu'on annonçait mourant face à internet.

En 2026, la même ironie s'applique à un autre sujet : l'écriture web et les métiers qui en vivent. Depuis l'arrivée massive des IA génératives, on annonce régulièrement la fin du rédacteur web, la fin du SEO, la fin de l'écriture humaine payée au mot. Ce discours ressemble beaucoup à celui de 2009 sur le journalisme. Il se trompe pour la même raison : il confond la disparition d'un format avec la disparition d'un besoin. Le besoin de textes utiles, vérifiés, bien structurés, écrits pour être lus par des humains autant que par des machines, n'a pas disparu. Il a changé de forme.

2026 : écriture web, SEO éditorial et IA

La Voix du Dodo version 2026 s'occupe de ce terrain-là : la rédaction web comme métier concret, le SEO comme discipline éditoriale et pas seulement technique, et l'IA comme outil à comprendre plutôt qu'à craindre ou à subir. Trois sujets qui, en 2009, n'avaient pas encore leur forme actuelle, mais qui posent la même question que le blog d'origine : comment continue-t-on à informer et à être lu, quand les règles du jeu changent sous nos pieds.

Ce qui a changé entre 2009 et 2026, sur ce nom

  • Le sujet : du journalisme et des médias vers l'écriture web, le SEO éditorial et l'IA
  • L'autrice : une pigiste spécialisée journalisme, puis Chris Waoo, consultant SEO et rédacteur web
  • Le format : un blog personnel ouvert aux contributions, puis un média structuré, avec un fil éditorial suivi
  • Ce qui reste : le nom, l'adresse, et l'idée qu'un métier d'écriture ne meurt pas, il se déplace

Le manifeste

Reprendre ce nom n'est pas un hasard de disponibilité. C'est un choix de continuité de sujet, avec l'honnêteté de dire que la continuité de personnes s'arrête là. Le dodo n'était pas mort en 2009, quand il s'agissait de journalisme. Il n'est pas mort en 2026, quand il s'agit d'écriture web. Ce média se donne pour règle de ne jamais faire semblant de savoir ce que l'autrice d'origine aurait dit, et de toujours dire clairement ce qu'il sait, vérifie et pense, lui, aujourd'hui. C'est cette règle, plus que le nom, qui fait tenir l'adresse.